Crise politique en Haïti : l'engagement citoyen pour redéfinir l'avenir national
Dans ce calendrier contraint, Vant Bèf Info rapporte que, le 15 septembre, à l'occasion de la Journée internationale de la démocratie, le Refuge des Femmes d'Haïti, le Refuge des Femmes…

Le 13 décembre 2026 face au déficit d'inscription
À deux mois du scrutin convoqué par le Conseil électoral provisoire pour le 13 décembre 2026, environ 500 000 électeurs seraient inscrits, d'après les données relayées par Le National, alors que l'institution vise une cible de trois à quatre millions. Dans ce calendrier contraint, Vant Bèf Info rapporte que, le 15 septembre, à l'occasion de la Journée internationale de la démocratie, le Refuge des Femmes d'Haïti, le Refuge des Femmes d'Haïti-Canada et la FEDOFEDH ont tenu à Port-au-Prince une Assise nationale citoyenne. Le thème retenu — « Haïti à la croisée des chemins: sécurité, démocratie, élections et participation des femmes. Quel avenir pour la Nation? » — inscrit l'exercice dans la séquence électorale.
Architecture de l'initiative
Trois structures féminines portent la démarche. La collecte de propositions vise un plaidoyer structuré, avec un suivi programmé à partir du 17 octobre 2026. Novia Augustin, fondatrice du Refuge des Femmes d'Haïti et présidente de la FEDOFEDH, inscrit l'exercice sous le second axe « Haïti: vos engagements, nos droits », centré sur la redevabilité institutionnelle. Melissa Sainfa, cofondatrice de Success Women Haïti, a soulevé l'inaccessibilité des bureaux de vote pour les personnes handicapées et leur inclusion dans le processus électoral. Le professeur Marc Hugo Renaudin, représentant l'IGGEP, a plaidé pour l'intégration du genre dans les politiques publiques, en particulier l'accès à l'eau. Jeffthanie Mathurin, directrice exécutive de l'ASFH, a rattaché la santé des femmes au cadre de la sécurité humaine. Joubert Rochefort a présenté un état des lieux de la protection sociale et appelé au renforcement des mécanismes d'accompagnement. Maxy Exavier Odné, originaire de Kenscoff, a dénoncé le laxisme et la complicité présumée des autorités policières face aux massacres perpétrés dans cette commune.
Le verrou sécuritaire et le rendez-vous d'octobre
Akao Gerson Dominique, responsable de l'Initiative des Jeunes pour la Démocratie et la Gouvernance Locale, a recentré les échanges sur l'urgence sécuritaire. L'IJDGL préconise un démantèlement, désarmement et réinsertion des groupes armés, ainsi qu'une position commune des secteurs face à cette urgence. En l'absence de résultats tangibles dans le délai attendu, l'organisation propose l'ouverture d'une concertation nationale.
L'asymétrie est documentée: les deux départements concentrant le plus d'inscrits au registre électoral se trouvent sous l'emprise de gangs armés. La seule tenue matérielle du scrutin ne lèvera pas ce verrou structurel. Trois indicateurs seront déterminants d'ici au 17 octobre 2026, date de démarrage du suivi annoncé: l'évolution du registre électoral; la conduite effective d'opérations de sécurité dans les départements clés; et la publication, par les organisations initiatrices, de la liste consolidée des propositions issues de l'Assise. La crédibilité du processus dépendra de la conversion de ces recommandations en leviers opérationnels, au-delà de l'effet de mobilisation observé le 15 septembre.