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Refonder le système éducatif haïtien pour favoriser la paix et l'inclusion sociale

Par cette tribune publiée dans Le Nouvelliste, un contributeur invite l'appareil d'État à réorienter l'investissement public vers une refonte du curriculum scolaire, en s'appuyant sur l'Objectif de…

Refonder le système éducatif haïtien pour favoriser la paix et l'inclusion sociale

Par cette tribune publiée dans Le Nouvelliste, un contributeur invite l'appareil d'État à réorienter l'investissement public vers une refonte du curriculum scolaire, en s'appuyant sur l'Objectif de développement durable n° 4 adopté lors du Congrès de New York des Nations unies en 2015. L'argument se déploie en réponse à la crise multidimensionnelle qu'auraient aggravée, selon l'auteur, l'assassinat du président Jovenel Moïse et la non-réalisation des cycles électoraux. Pour le rédacteur, seule une école utilitaire, articulée à un État-providence modernisé, peut desserrer l'étau des tensions urbaines et ouvrir la voie à une croissance qu'il qualifie de « pro-pauvre ».

Du diagnostic au rendement social de l'éducation

Le raisonnement s'ancre dans la théorie du capital humain développée par Gary Becker, Prix Nobel d'économie, dont l'auteur tire un constat d'échec appliqué à Haïti. Les diplômés placés à des postes-clés y auraient, selon sa formulation, transformé l'administration en structure de prédation systématique. L'investissement éducatif n'est donc plus posé comme une dépense linéaire, mais comme un levier de rendement non marchand: qualité de vie, conscience citoyenne, réduction de la pauvreté, atténuation des tensions sociales sévissant dans les grandes villes sur une longue période.

Deux leviers structurels, un rejet doctrinal explicite

Le texte écarte frontalement le cadre de l'école de Chicago et la privatisation à la Milton Friedman, qu'il associe à une hausse structurelle du chômage ouvrier. Il défend en retour un retour à l'État-providence keynésien, via une allocation inspirée du welfare états-unien ou du bolsa familia brésilien, destinée aux diplômés sans emploi, et appelle à structurer la microfinance pour soutenir les collectifs de diplômés porteurs d'activités socio-économiques génératrices d'emplois et de croissance.

Le déficit de montage institutionnel

Le dispositif exposé demeure strictement programmatique. Aucun chiffrage, aucun calendrier budgétaire, aucune institution responsable, aucun mécanisme d'évaluation indépendant n'est identifié dans le texte. La faisabilité d'une telle bascule suppose un cadre fiscal et une continuité administrative que l'actualité politique ne garantit pas, dans un contexte où les cycles électoraux ne sont pas réalisés. L'absence de ministère de tutelle désigné ou de dispositif de contrôle laisse la proposition au stade du plaidoyer doctrinal, sans passage à l'opérationnel.