Haïti - Politique : Raina Forbin appelle l’Afrique à se mobiliser autour d’Haïti
C'est dans ce cadre institutionnel que la ministre haïtienne des Affaires étrangères, Raina Forbin, est intervenue le 9 septembre pour repositionner les engagements contractés envers Haïti et…

Quatre ans après l'adoption du Programme d'action de Doha en faveur des Pays les Moins Avancés, la revue à mi-parcours réunit les États concernés à Addis-Abeba. C'est dans ce cadre institutionnel que la ministre haïtienne des Affaires étrangères, Raina Forbin, est intervenue le 9 septembre pour repositionner les engagements contractés envers Haïti et replacer le dossier sécuritaire au centre du dispositif, selon les informations relayées par HaitiLibre.
Trois axes, un ordre de priorité
L'intervention de la chancelière s'articule autour de trois dossiers: sécurité, calendrier électoral, relance économique. La ministre a lié le rétablissement de l'ordre public à la réalisation effective des objectifs du Programme de Doha — manière de rappeler que les engagements de développement restent suspendus au désarmement des groupes armés.
Elle a salué la contribution de trois États africains déjà engagés dans la Force de Répression des Gangs: le Tchad, la Sierra Leone et la Côte d'Ivoire. La demande principale porte sur le renouvellement du mandat de cette Force et l'achèvement rapide de son déploiement, ainsi que sur la mobilisation des moyens financiers, logistiques et opérationnels nécessaires à sa mission.
L'architecture financière des États fragiles
Au-delà de l'urgence sécuritaire, la ministre a plaidé pour des mécanismes de financement mieux adaptés aux réalités des pays en crise. L'enjeu opérationnel: couvrir simultanément la stabilisation, la transition entre l'aide humanitaire et la relance, et le développement de long terme. Cette articulation répond à une critique récurrente adressée à l'architecture financière internationale, accusée de segmenter ces phases et de fragmenter la continuité des politiques publiques.
La variable CARICOM
L'appel d'Addis-Abeba intervient alors qu'une mission de la CARICOM se trouve à Port-au-Prince. AlterPresse rapporte que la Conférence des pasteurs haïtiens (Copah) et plusieurs partis politiques ont mis en garde contre toute substitution aux acteurs nationaux, demandant que les efforts régionaux se limitent à un rôle de médiation autour des élections et de la gouvernance de transition.
Cette posture met en lumière une fracture documentée dans le débat public haïtien. Rezo Nòdwès pose frontalement la question de savoir si la CARICOM constitue aujourd'hui un facteur d'instabilité politique — interrogation que la déclaration d'Addis-Abeba alimente indirectement, en superposant un canal diplomatique africain au canal caribéen déjà actif.
Points de suivi
Trois indicateurs détermineront la portée réelle du plaidoyer: la décision sur le renouvellement du mandat de la Force de Répression des Gangs, l'annonce d'un calendrier électoral exécutoire par les autorités de transition, et l'ouverture effective de mécanismes de financement adaptés aux États en sortie de crise fragile. La convergence de ces trois dossiers distinguera les engagements opérationnels des déclarations de principe.