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Sécurité en Haïti : pourquoi le soutien international reste indispensable

Selon un article relayé par Yahoo News Canada, le gouvernement haïtien demande le renouvellement du mandat de la Force de répression des gangs et la mobilisation des ressources nécessaires au déploiement complet de ses 5 500 personnels.

Sécurité en Haïti : pourquoi le soutien international reste indispensable

Haïti demande le renouvellement de la force internationale anti-gangs

Le mandat de cette force doit arriver à échéance le 30 septembre. L’enjeu dépasse la seule présence opérationnelle: l’exécutif lie le rétablissement de la sécurité à la tenue des élections présidentielles prévues le 13 décembre et au retour de l’autorité de l’État sur les territoires contrôlés ou affectés par les groupes armés.

Un mandat international confronté à une contrainte d’exécution

La demande haïtienne a été présentée devant l’Organisation des États américains par la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin. Port-au-Prince sollicite à la fois une prolongation du mandat et les moyens permettant d’achever le déploiement annoncé de la force internationale.

Le problème est donc institutionnel autant que sécuritaire. Une décision de renouvellement ne suffira pas si elle ne s’accompagne pas de personnels effectivement déployés, de capacités opérationnelles et d’une coordination régionale. Le gouvernement demande également un renforcement de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti afin que ces institutions puissent reprendre progressivement leurs fonctions dans les zones où l’État n’exerce plus pleinement son autorité.

Le secrétaire général de l’OEA, Albert R. Ramdin, a présenté la sécurité et l’organisation d’élections crédibles comme les deux priorités immédiates du pays. Selon le compte rendu relayé, il a également insisté sur la conduite haïtienne de ces efforts, avec un soutien international durable et coordonné. Cette formule fixe une limite opérationnelle: l’appui extérieur est présenté comme un levier, non comme un substitut permanent aux institutions nationales.

L’ampleur du déficit de contrôle territorial

Le gouvernement haïtien justifie l’accélération du dispositif par la persistance des violences. Entre avril et juin, les Nations unies ont enregistré 1 408 morts et 656 blessés dans des violences liées aux gangs. Près de 1,47 million de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays.

Les groupes armés contrôlent ou influencent, selon les données citées dans le rapport, entre 80 % et 90 % de Port-au-Prince et ont étendu leur présence à d’autres régions. Ces chiffres décrivent une asymétrie structurelle: la question n’est pas uniquement de sécuriser certains axes ou certains bâtiments publics, mais de restaurer une capacité administrative et coercitive sur des espaces où elle a été réduite.

L’attaque menée dans la commune de Kenscoff, dans la nuit du 24 au 25 août, illustre cette extension géographique. Au moins 47 personnes ont été tuées, dont cinq enfants, 22 ont été blessées et des dizaines d’autres ont été enlevées, selon les Nations unies. Les victimes comprenaient des personnes déplacées qui avaient cherché refuge dans une église. Ces éléments sont rapportés par la source secondaire et doivent être lus comme des indicateurs de la pression exercée sur les populations et les institutions locales, non comme la preuve d’un rétablissement imminent de l’ordre.

Le calendrier électoral devient un test de capacité publique

Le gouvernement présente la sécurité et le retour à l’ordre constitutionnel comme des objectifs indissociables. Il demande à l’OEA, à ses États membres et à d’autres partenaires une assistance technique, financière, logistique et sécuritaire pour organiser le processus électoral.

Le point à surveiller n’est donc pas seulement le renouvellement formel de la force anti-gangs. Trois variables détermineront sa portée réelle: le niveau de déploiement effectivement atteint, la capacité de la Police nationale et des Forces armées à reprendre le relais, et la possibilité d’installer un environnement suffisamment sécurisé pour le processus électoral du 13 décembre.

La demande haïtienne cherche aussi à inscrire la crise dans un cadre régional. Les autorités estiment que les réseaux criminels transnationaux alimentent l’instabilité et que la sécurité d’Haïti a des implications pour l’ensemble de la région. Cette lecture ouvre un levier diplomatique, mais elle ne règle pas le déficit d’exécution. Le renouvellement du mandat ne constituera un résultat politique que s’il produit un transfert mesurable de contrôle vers les institutions haïtiennes.