genecohaiti.

Comprendre Haïti, au-delà des urgences.

Actualité

Haïti : le Forum politique réclame un remaniement du calendrier électoral

Selon Rezo Nòdwès, le Forum des Groupements Politiques a exigé, à l'issue d'une rencontre avec le Conseil électoral provisoire (CEP) et l'Exécutif le 16 septembre 2026, une révision du calendrier…

Haïti : le Forum politique réclame un remaniement du calendrier électoral

Selon Rezo Nòdwès, le Forum des Groupements Politiques a exigé, à l'issue d'une rencontre avec le Conseil électoral provisoire (CEP) et l'Exécutif le 16 septembre 2026, une révision du calendrier électoral haïtien, y compris l'échéance du 13 décembre. Les pourparlers ont porté sur des inscriptions contestées, la modification du décret électoral du 2 juillet et les conditions matérielles du scrutin. La demande intervient alors que le dépôt des candidatures, ouvert le 13 septembre, se heurte à l'emprise des gangs sur 19 circonscriptions et à une ligne rouge posée par l'Organisation des États américains (OEA) contre toute collusion avec le crime organisé.

Les griefs techniques du Forum

Le Forum a signalé au CEP des cas de responsables et de membres de partis inscrits sur la plateforme électorale sans leur consentement. Il réclame une vérification contradictoire des dossiers et un audit des irrégularités liées à l'exigence de 30 000 membres pour les formations politiques. Sur le corps électoral, le Forum défend un principe simple: tout détenteur d'une carte d'identification nationale devrait voter sans inscription préalable. Il propose de cantonner l'enregistrement aux personnes déplacées ayant fui leur zone de résidence sous la pression de l'insécurité.

Le CEP a répondu par la création d'une commission technique associant l'Office national d'identification (ONI) et le ministère de la Justice et de la Sécurité publique. L'institution a parallèlement prolongé jusqu'au 9 octobre l'inscription en ligne des candidats.

Un scrutin sous contrainte sécuritaire

Le calendrier ne se négocie pas dans le vide. D'après France-Antilles, le démarrage du dépôt des candidatures a été immédiatement percuté par la réalité du terrain: les autorités ont dû délocaliser l'enregistrement dans plusieurs communes de l'Ouest, du Centre et de l'Artibonite — notamment Kenscoff, Saut-d'Eau et Mirebalais — vers les sièges départementaux. À Pétion-Ville, les centres sont restés déserts au lendemain de l'ouverture.

À cette paralysie logistique s'ajoute une pression diplomatique maximale. Le 12 septembre, l'OEA a posé un veto de principe contre tout candidat soupçonné de collusion avec le crime organisé. Le décret électoral en vigueur n'exclut toutefois que les personnes sanctionnées par l'ONU — une liste de neuf noms, dont Jimmy Chérizier et Vitelhomme Innocent. Aucune disposition n'éponge les personnalités sanctionnées par Washington ou Ottawa pour corruption ou financement de groupes armés.

Ce qu'il reste à arbitrer

Le Forum demande que l'échéance du 13 décembre soit ajustée si le décret électoral est modifié. Il appelle également à l'examen de l'absence des délégués de ville dans le décret du 2 juillet et à la poursuite des discussions entre acteurs pour clarifier les prochaines étapes. L'avocat d'opposition André Michel résume, le 11 septembre, un constat partagé par la Caricom: les conditions matérielles du vote ne sont pas réunies. Tant que l'insécurité structurelle et les failles juridiques ne sont pas traitées, le calendrier reste un document sous condition.