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Haïti face au défi électoral : pourquoi la sécurité conditionne tout retour aux urnes

Comme le rapporte RHINEWS, le représentant spécial de l'Organisation des États américains (OEA) pour Haïti, Alberto Föhrig, a posé une équation sans fard: la crédibilité de tout scrutin demeure…

Haïti face au défi électoral : pourquoi la sécurité conditionne tout retour aux urnes

Comme le rapporte RHINEWS, le représentant spécial de l'Organisation des États américains (OEA) pour Haïti, Alberto Föhrig, a posé une équation sans fard: la crédibilité de tout scrutin demeure subordonnée à l'amélioration préalable de la sécurité sur le territoire. Ce cadrage externe rencontre, sur le terrain politique national, les revendications exprimées par le Mouvement pour la reconstruction nationale (MRN), qui conditionne sa participation au vote au retour de l'ordre public.

Le cadrage de l'OEA et la primauté du leadership national

Selon le compte rendu de RHINEWS, Alberto Föhrig a estimé que les solutions à la crise devaient provenir des autorités et de la société haïtiennes, écartant de fait tout pilotage extérieur du processus. Le représentant spécial lie la tenue d'élections jugées crédibles au rétablissement d'un seuil minimal d'ordre public, condition posée comme préalable à toute opération de vote légitime. La formulation place le Conseil électoral provisoire (CEP) et l'exécutif face à une dépendance directe: sans capacité coercitive effective de l'appareil d'État, le calendrier politique reste prisonnier de la variable sécuritaire. Elle assigne aussi aux acteurs nationaux la responsabilité de produire, par eux-mêmes, les conditions d'un exercice électoral acceptable.

Le MRN et l'équation de la participation

Dans une déclaration reprise par Le National, le MRN rappelle que depuis l'assassinat du président Jovenel Moïse, le pays enchaîne transitions politiques, déplacements massifs de familles et destruction d'institutions, et juge que les conditions socio-sécuritaires se sont dégradées depuis la signature du Pacte national pour la stabilité et l'organisation des élections entre le gouvernement et des partis politiques. Le mouvement fixe une ligne double: appel à la population à se rendre aux urnes, mais exigence adressée aux autorités d'assumer leurs responsabilités; mise en garde contre ceux qui chercheraient à boycotter le scrutin par la violence ou à provoquer une nouvelle transition, le pouvoir devant revenir au peuple par les urnes et non par les armes. Le coordinateur du MRN pour Pétion-Ville, Max Jacky Olivier Conille, réclame par ailleurs la mise en place d'un site web du CEP adapté aux smartphones et géré selon des principes de transparence, afin d'assurer la traçabilité des opérations. Le mouvement insiste enfin sur trois départements qui, selon ses propres données, concentrent 49 % du corps électoral et où la sécurité conditionne mécaniquement la tenue d'un vote effectif.

Variables à observer avant tout calendrier

Trois indicateurs détermineront la faisabilité concrète des opérations. D'abord, la capacité opérationnelle de la Police nationale d'Haïti (PNH), dont la refonte — et notamment la place des femmes dans la nouvelle génération — reste en cours, à sécuriser bureaux de vote et axes d'accès. Ensuite, le degré d'acceptation par le CEP des exigences de transparence numérique formulées par les partis, qui pourrait devenir un point de friction institutionnel. Enfin, la posture des groupes armés et des acteurs politiques hostiles au scrutin, dont la neutralisation effective conditionne, aussi bien dans la lecture de l'OEA que dans celle du MRN, la simple tenue des opérations. Tant que ces trois verrous ne sont pas levés, la date d'un scrutin crédible reste un paramètre ouvert plus qu'une échéance arrêtée.