Élections en Haïti : le processus de candidature est officiellement lancé
Selon les données communiquées par l'OEA au terme d'une visite de trois jours à Port-au-Prince, quelque 260 000 personnes seulement figuraient sur les listes électorales près d'un mois après l'ouverture des inscriptions.

260 000 inscrits sur 11 millions d'habitants: le déficit structurel du processus électoral haïtien
Le premier tour présidentiel et législatif est fixé au 13 décembre 2026 — une première depuis 2016. Le secrétaire général de l'Organisation des États Américains, Albert Ramdin, a qualifié le calendrier d'exigeant et appelé à une « accélération urgente » des enrôlements. L'écart entre l'objectif et la réalité inscriptive dessine un cadre de gouvernance électorale fragile.
Un appareil d'État sous contrainte sécuritaire
Le Conseil électoral provisoire haïtien a conditionné la tenue du scrutin à l'établissement d'un climat sécuritaire « acceptable ». Plusieurs communes des départements de l'Ouest, du Centre et de l'Artibonite — zones sous contrôle des bandes criminelles — ne disposent d'aucun centre d'inscription. Sur environ 11 millions d'habitants, près de 1,5 million sont déplacés à l'intérieur du pays en raison des violences, selon une estimation de juin de l'Organisation internationale pour les migrations. Le précédent calendrier, annoncé en décembre dernier avec un premier tour prévu le 30 août 2026, a été rendu caduc par la dégradation sécuritaire. L'État haïtien n'a pas organisé d'élections depuis 2016; son dernier président, assassiné en 2021, n'a jamais été remplacé.
Cadre juridique et verrous institutionnels
Les inscriptions des candidats à la présidentielle ont ouvert ce jeudi. Selon Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste, les membres du gouvernement en exercice et les hauts fonctionnaires sont exclus de la course. Le second tour est programmé le 21 février 2027. L'OEA a indiqué qu'elle continuerait d'évaluer « de manière constante » l'environnement sécuritaire et l'état d'avancement du processus. Le délai constitue toutefois une « préoccupation certaine » selon son secrétaire général. L'inscription des centaines de milliers de déplacés — électeurs de fait mais sans attache administrative dans leur commune d'accueil — reste un verrou logistique et juridique non résolu.