Élections en Haïti : le groupement DEBLOKE réclame des garanties pour un scrutin inclusif
Selon Vant Bèf Info, le Groupement DEBLOKE a adressé mardi 18 août 2026 une correspondance au Premier ministre pour exiger des garanties publiques encadrant le processus électoral.

La lettre fixe quatre exigences: neutralité de l'administration, ouverture des Centres d'Inscription et de Vote (CIV) dans les communes actuellement non desservies, examen concerté des articles 153, 387 et 388 du décret électoral, et clarification du mécanisme de ratification constitutionnelle. Elle intervient au moment où l'Organisation des États américains appelle, au terme d'une mission de haut niveau, à accélérer simultanément les volets sécuritaire et électoral.
Quatre exigences, un cadre juridique à préciser
DEBLOKE exige d'abord une déclaration formelle garantissant qu'aucun acteur politique ne puisse mobiliser les ressources de l'État, les moyens administratifs ou les nominations publiques à son profit direct ou indirect. La demande vise l'asymétrie entre l'appareil partisan et l'appareil étatique.
Sur les CIV, le regroupement rappelle que le déploiement relève du Conseil électoral provisoire (CEP) et demande qu'un calendrier public de sécurisation accompagne l'ouverture des centres dans les communes qui en sont dépourvues. Sans ce cadrage, l'accès effectif des électeurs au scrutin demeure incomplet.
Sur le décret électoral, DEBLOKE pointe dans les articles 153, 387 et 388 des contraintes de délais, d'accès aux documents administratifs et d'égalité entre candidats. Le regroupement affirme soutenir des critères d'intégrité, à condition qu'ils soient appliqués de manière uniforme, juste et réaliste.
Sur la ratification constitutionnelle, le regroupement demande au gouvernement de préciser si la consultation populaire sera maintenue, quels changements seront soumis au vote et sous quel cadre juridique la démarche s'inscrira. L'absence de réponse, selon la correspondance, alimente l'opacité.
Calendrier sécuritaire et arbitrage exécutif
Le secrétaire général de l'OEA, accompagné de représentants de plusieurs institutions régionales et internationales, a qualifié mercredi 19 août la sécurité et l'organisation des élections de priorités déterminantes pour l'avenir immédiat du pays. La déclaration, issue d'une conférence de presse au terme d'une mission de haut niveau en Haïti, exerce une pression diplomatique convergente avec les revendications de DEBLOKE: sans conditions sécuritaires stabilisées, ni l'ouverture effective des CIV ni la tenue du scrutin ne peuvent être garanties.
Le décalage entre les exigences techniques du regroupement politique et l'injonction sécuritaire régionale définit, pour les semaines à venir, la séquence que l'exécutif doit traiter. Trois variables restent à trancher publiquement: la neutralité administrative, la couverture territoriale des CIV et la lisibilité juridique du décret. Ce que nous, appareil d'État, devons désormais arbitrer avant toute opération de ratification constitutionnelle.