Visite officielle au Cap-Haïtien : le Premier ministre échange avec l'Archevêque
Selon Le Nouvelliste, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé s'est entretenu, ce jeudi 30 juillet 2026 au Cap-Haïtien, avec Monseigneur Launay Saturné, Archevêque du diocèse, à l'occasion d'une visite officielle dans la cité christophienne.

Cet échange se déroulait dans le cadre des célébrations du 20ᵉ anniversaire du Réseau des Universités Publiques Départementales (RUPD), un anniversaire qui remet l'enseignement supérieur public au centre du débat — et qui, pour nous, petits opérateurs économiques du Nord, dépasse largement le seul cercle universitaire.
Quand l'État et l'Église se parlent à voix haute
Nous, entrepreneurs et commerçantes du Nord, savons qu'une visite officielle réussie se mesure rarement aux discours. Elle se mesure aux couloirs qu'elle ouvre, aux budgets qui suivent — ou qui ne suivent pas. Le chef du gouvernement a échangé avec l'Archevêque sur la contribution conjointe de l'Église et des institutions éducatives à une société plus juste, solidaire et tournée vers l'avenir. Concrètement, cela signifie que les deux légitimités les plus visibles du territoire — la foi et l'État — ont convenu, au moins symboliquement, que l'éducation supérieure publique n'est pas un luxe, mais un investissement stratégique. Pour une mère de famille qui paie déjà un transport en tap-tap jusqu'à l'UPNCH, et pour un étudiant qui jongle entre deux emplois pour payer ses photocopies, ce signal n'est pas anodin.
Ce qui se joue vraiment à l'Université Publique du Nord
D'après Haïti24, le Premier ministre est arrivé à l'Université Publique du Nord au Cap-Haïtien (UPNCH), accompagné du ministre des Travaux publics, Transports et Communications. Il y a été accueilli par les autorités départementales, les élus locaux et les principales autorités de la ville. Sa participation, selon les informations relayées par les médias, vise à réaffirmer l'engagement de l'État en faveur:
- du renforcement de l'enseignement supérieur public;
- de la promotion de l'excellence académique;
- de la poursuite des investissements dans les infrastructures stratégiques « au service du développement durable du département du Nord et de l'ensemble du pays ».
Autrement dit, ce ne sont pas uniquement les amphithéâtres qui sont en jeu: ce sont les routes qui mènent aux campus, la connectivité, l'électricité, l'eau — c'est-à-dire tout ce qui, dans notre quotidien d'opérateurs, détermine si un sac de semences arrive à temps ou si une marchandise pourrit sur le quai.
Ce qu'il faut garder en tête dans les semaines qui viennent
Pour transformer ce déplacement en résultat tangible, trois points méritent d'être suivis de près — et nous vous invitons à les noter, si vous gérez une petite entreprise ou un atelier dans le Nord:
1. Un calendrier budgétaire précis: les annonces de « renforcement » et d'« investissements stratégiques » doivent se traduire par des lignes concrètes au budget rectifié — sinon, elles rejoindront la longue liste des promesses sans suite.
2. Un mécanisme de concertation Nord–État: si l'Église et les universités sont associées à la table, encore faut-il que les chambres de commerce, les associations de marchandes et les syndicats de transporteurs du département y trouvent leur place.
3. La suite donnée aux infrastructures routières: la présence du ministre du MTPTC lors de cette visite est un signal à ne pas laisser passer. Le tronçon Cap-Haïtien–Fort-Liberté, comme l'accès au port, conditionne directement la trésorerie de nos ateliers et la fluidité de nos paniers.
Une rencontre de plus, diront certains. Peut-être. Mais pour nous qui tenons, chaque matin, un commerce, une salle de classe ou un stand sur le marché, chaque rendez-vous entre l'État et les forces vives du territoire est une occasion d'exiger — poliment, mais fermement — que la parole tenue devienne une route refaite, un campus équipé, un jeune diplômé resté au pays.