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Haïti : l'OEA pointe la collusion entre politiciens et gangs avant les élections

Le secrétaire général de l'Organisation des États américains, Albert Ramdin, a qualifié jeudi 10 septembre 2026 de « certaine collusion » les liens observés entre la sphère politique haïtienne et les groupes armés.

Haïti : l'OEA pointe la collusion entre politiciens et gangs avant les élections

Devant la presse internationale, il a estimé que cette porosité compromet la crédibilité du scrutin présidentiel et législatif dont le premier tour est inscrit au 13 décembre 2026 et le second au 21 février 2027. La déclaration replace l'organisation régionale en position d'observateur critique d'un appareil d'État dont la réponse réglementaire se fait attendre, et expose frontalement la question criminelle à la veille d'un cycle décisif pour la transition politique du pays.

Le constat du secrétaire général

« Il existe une certaine collusion entre le monde politique et les gangs. Je le dis clairement car tout le monde le sait, mais personne n'en parle », a déclaré M. Ramdin au retour de sa mission d'août en Haïti. Le secrétaire général a indiqué avoir soumis aux autorités haïtiennes la nécessité d'établir des règles claires empêchant les candidats liés à des organisations criminelles de se présenter au scrutin. Selon ses termes, aucune réponse claire ne lui a été retournée. Il a subordonné toute évaluation de l'impact de ces liens à l'identification nominative des candidats concernés et de ceux autorisés à concourir. L'OEA déplace ainsi la question du champ sécuritaire vers le périmètre électoral, imposant un standard de transparence que le Conseil électoral provisoire devra opérationnaliser avant la publication des listes définitives.

Calendrier, force multinationale et environnement sécuritaire

L'insécurité constitue, selon M. Ramdin, l'obstacle principal à la tenue du cycle électoral. Il a parallèlement mis en cause l'efficacité opérationnelle de la Force de répression des gangs (FRG), déployée avec l'approbation de l'ONU, ainsi que le déficit d'engagement de certains États qui s'étaient déclarés contributeurs à la mission. Les données onusiennes disponibles font état d'au moins 3 050 morts et 1 401 blessés durant le premier semestre 2026, un bilan qui conditionne structurellement toute opération de vote sur le territoire national. Le secrétaire général a qualifié la crise haïtienne de « priorité absolue » pour l'organisation hémisphérique et rappelé que la tenue du scrutin demeure conditionnée à un climat sécuritaire stabilisé — seuil non atteint à ce stade selon les termes employés. La séquence ouverte par cette prise de position reporte sur les autorités la charge d'une clarification attendue avant la convocation officielle du corps électoral, et place la communauté régionale en position d'arbitre quant à la recevabilité du processus.