Loi HOPE/HELP : le Sénat américain valide une extension de deux ans pour le textile haïtien
Sénat américain a approuvé, le 11 août 2026, sa version de la résolution de financement provisoire prolongeant les programmes commerciaux HOPE/HELP pour une durée de deux ans.

Le texte, déjà adopté par la Chambre des représentants à 340 voix contre 54, fait l'objet de modifications sénatoriales qui imposent un nouveau vote des représentants à la rentrée parlementaire de septembre, avant transmission au président Trump pour signature définitive.
Mécanique législative et portée de la prolongation
L'extension porte sur un dispositif d'accès en franchise de droits de douane au marché américain pour les produits textiles haïtiens, inscrit dans la résolution budgétaire provisoire examinée samedi par la chambre haute. L'échéance de deux ans remplace, dans la version sénatoriale, la trajectoire antérieure envisagée par la Chambre. Le sénateur Raphael Warnock (D-GA), membre de la sous-commission des finances du Sénat sur le commerce international, les douanes et la compétitivité mondiale, a contribué à l'obtention de ce délai, justifié par la nécessité de stabiliser les partenariats industriels et de planifier une transition vers un cadre pluriannuel.
Variables industrielles et dépendance à la chaîne dominicaine
Pour le secteur manufacturier haïtien, l'enjeu ne se limite pas au différé fiscal: il conditionne la continuité des unités d'assemblage liées à la chaîne d'approvisionnement régionale, dont l'épicentre demeure la zone franche exploitée par CODEVI en territoire dominicain. Le président du Groupe M/CODEVI, Capellán Peralta, a qualifié cette prolongation de « progrès important » tout en confirmant la poursuite des démarches pour une extension de dix ans, jugée « indispensable pour attirer de nouveaux investissements, créer des emplois et renforcer la compétitivité de la région ». L'écart entre l'horizon biennal accordé et l'horizon décennal revendiqué illustre l'asymétrie persistante entre les arbitrages budgétaires américains et les besoins de planification industrielle côté haïtien.
Ce qu'il reste à arbitrer
Trois étapes séparent encore l'entrée en vigueur effective du dispositif: le vote de la version corrigée par la Chambre en septembre, la conciliation des deux textes en cas de divergence résiduelle, et la signature présidentielle. Toute modification adoptée par les représentants pourrait rouvrir le cycle, sans garantie calendaire avant la clôture de l'exercice budgétaire. Pour l'appareil d'État haïtien, la fenêtre de deux ans impose un cadrage opérationnel court: stabilisation des contrats en cours, sécurisation des approvisionnements et préparation d'un dossier consolidé pour la négociation d'un cadre plus long. La prochaine séquence législative à Washington constitue, à ce stade, la seule variable décisive.